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La petite église

La petite église

J'habite Saint-Eustache. Et dans ma ville, nous avons la chance d'avoir une salle de spectacle exceptionnelle, le centre d'art La Petite Église. C'est une ancienne église anglicane, transformée en salle de spectacle de 200 places. Au début, les responsables avaient à convaincre les artistes de venir dans une si petite salle, mais au fil des ans, la Petite Église s'est bâti une solide réputation. Aujourd'hui, ce sont les artistes qui choisissent de venir "roder" leur show, tester leur matériel ou tout simplement s'exécuter devant cette petite audience. J’aimerais bien pouvoir vous dire que c'est la qualité du public qui attire ces artistes, mais je suis obligée d'admettre que c'est aussi pour la qualité de l'acoustique, l'accueil du personnel, le petit côté informel des chaises et tables bistro entassées dans cet espace restreint. Veux, veux pas, 200 personnes, assises à quelques mètres seulement de la scène dans une vieille église tout à fait charmante, ça crée des liens. Vendredi dernier, mon amoureux et moi sommes allés voir le tout nouveau spectacle d'Ariane Moffatt. Tiré de son album qui sort mardi, 22 h22, l'artiste a elle même demandé à venir tester ce spectacle qui partira en tournée. Je ne suis pas critique culturelle et je ne veux pas le devenir, mais j'ai quand même envie de partager avec vous mon expérience. J'aime Ariane Moffatt. Je ne me reconnais pas beaucoup dans sa nouvelle « aventure électro onirique ». Ces mots sont d'elles, pas de moi, mais décrivent merveilleusement bien l'univers dans lequel elle a envie de nous transporter. Trois musiciens et une foule d'instruments électroniques l'accompagnent sur scène. Ariane Moffatt est généreuse, drôle et passionnée par la musique. Elle veut sincèrement nous entraîner dans ce monde éclaté, une sorte de soupape du quotidien. C'est une démarche intéressante. Ce que je retiendrai de cette soirée c'est tout de même le sentiment d'être privilégiée. J'ai eu la chance, une fois de plus, de voir à 15 minutes de chez moi, un spectacle avant tout le monde, de participer en quelque sorte, au processus de création, à la mise au monde d'un événement artistique. Je vais quelques fois par année à la Petite Église. J'y ai vu Damien Robitaille à ses tout débuts, Robert Charlebois qui voulait tester de nouvelles chansons, Guy Nantel en rodage, Stéphane Rousseau la veille de sa première montréalaise, Émile Proulx-Cloutier, Fred Pellerin, Chloé Ste-Marie, Louise Forestier et tellement d'autres. Chaque fois c'est un immense privilège. Et chaque fois j’ai hâte au prochain spectacle.